La vérité

"Beaucoup de personnes, et surtout les enfants, en lisant une histoire, un conte, une légende, une fable, se demandent, tout d'abord, si la chose est vraisemblable ; et souvent, s'ils voient que ce qu'on leur raconte n'a pu arriver, ils se disent alors : C'est une simple invention, ce n'est pas vrai ! Les gens qui jugent ainsi ont tort. La vérité sera dévoilée, non pas à celui qui se contente de savoir si telle chose est arrivée ou peut arriver, mais à celui qui comprend ce que doit être la vie,
...
ce n'est pas l'Homme qui regarde à ses pieds qui découvrira la vérité, mais celui qui suit sa route, en prenant pour guide le soleil.
...
Sans doute il doit exister des livres et beaucoup de romans, d'histoires où l'on décrit comment l'homme vit pour ses passions, souffre, fait souffrir, court des dangers, connait le besoin, ruse, lutte, parvient à sortir de la misère, finit par se réunir à l'objet de son amour et devient riche, puissant, heureux.
De tels livres, quand bien même ils renfermeraient des faits qui se sont réellemment passé, -ce qui n'aurait rien d'invraisemblable,- seraient cepandant mensongers et faux, car l'homme qui vit pour lui, pour ses passions, possédât-il la plus belle femme du monde, fût-il aussi riche, aussi puissant qu'on puisse l'être, ne peut pas se dire heureux. "

Contes et fables, Léon Tolstoï

dimanche 21 septembre 2014

Le paysan et le commerçant

Un paysan après une longue journée de travail dans les champs s'assoit sur le bord d'une route pour se reposer. Il était tout sale de terre et tout transpirée. Un riche marchant qui passe sur la route prend pitié du
pauvre et lui donne de l'argent. Le paysan pas habitué à voir de l'argent le prend en se disant qu'il allait l'utiliser pour acheter un cadeau pour sa famille.

Il part vers la ville avec l'argent dans ses mains pour trouver un cadeau à acheter. Arrivé en ville et portant l'argent simplement à la vue de tous, il attire un voleur. Le voleur le suit et au détour d'une ruelle, saute sur le paysan, le frappe, lui vole son argent et le laisse comme mort.

Quand le paysan reprend ses esprits il dit :
J'étais si bien et ce commerçant est venu me donner son malheur.

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